Une jolie carte postale (Acte 12)

Publié le par Pascal

           Le facteur furieux, se lève :

          « Tiens ! Qui vous a dit que mes enfants meurent de faim et que je vous demande des haricots ? Même si je ne gagne pas assez, ce n’est pas à vous qui êtes si pauvre que je viendrais demander quelque chose. »

           Un ami prend le père de Zoao à l’écart, il lui souffle à l’oreille :

          « Madesu ya bana est un jargon qui signifie pourboire. C’est courant. Tout le monde vit de cela, il n’y a rien pour rien. Ce pourboire est rarement en nature, on préfère des billets de banque. Glisse-lui en main un bon billet, tu verras que tout changera. »

           Le père de Zoao appelle sa femme :

          « Tu as entendu ? Beaucoup de choses nous échappent : « Madesu ya bana » a une toute autre signification. Nous avons à  donner au facteur de l’argent, sinon nous n’aurons pas notre lettre. »

          La mère de Zoao défait le nœud attaché à son pagne. (C’est de cette façon, en fait, que toutes les femmes gardent leur argent). Elle en retire un gros billet. Le père de Zoao le donne discrètement au facteur dont le visage ne tarde pas à se dérider.

          « Voici l’enveloppe », fait-il en retour.

          Le facteur s’en va. Papa Zoao rentre dans la maison où toute la famille est réunie. Il demande que tout le monde assiste à l’ouverture de cette lettre.

          « Je ne voudrais pas qu’on m’accuse d’avoir caché les cadeaux qui sont venus d’Europe. Tout le monde m’a vu recevoir la lettre qu’on va ouvrir en présence de tous. »

 

 

 

 

…à suivre

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Publié dans Carte Postale

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