Une jolie carte postale (Acte 13)
Il la donne au fils ainé pour l’ouvrir et la lire. Tous les yeux sont braqués sur la fameuse enveloppe et tous les frères et sœurs de Zoao s’attendent à une annonce de divorce. L’enveloppe ouverte, la carte postale en est retirée la première.
« Voila la femme de Zoao, une Blanche ! » s’écrient en cœur les frères et les sœurs de Zoao.
« Oh ! Oui, enchaine une sœur, ils ont déjà un enfant, un beau bébé. »
D’autres crient : « Mwasi ya zoao ! Abali mundele ! ». "La femme de Zoao! Il a épousé une Blanche!"
Tous les frères et sœurs sont contents :
« Notre belle-sœur est une Blanche, nous serons riches, ses parents et elle-même nous enverront des habits, de l’argent. Les Blancs on t beaucoup d’argent !»
Les parents de Zoao ne soufflent mot. Ils sont perplexes devant leur belle-fille qui depuis longtemps ne fait que maigrir, harcelée par des soucis. Le père, les yeux rouges, tissant sa moustache, grince des dents jusqu’à émettre un bruit perceptible à distance. Les mots lui manquent. La mère, voyant sa belle-fille et ses petits-fils pleurer, ne peut se contenir, elle aussi fond en larmes.
Les enfants sautillent de joie, ils fêtent leur nouvelle belle-sœur, une Blanche. La carte est exposée à une place d’honneur, face à tout visiteur qui entre dans la maison. La mère de Zoao, sa belle-fille et ses petits-enfants sanglotent, pendant que le père de Zoao, ne sachant plus que faire, se promène autour de sa parcelle. Tout le monde est tellement excité que personne ne se donne la peine de regarder dans l’enveloppe et d’en retirer les deux lettres que Zoao a envoyées, l’une au père et l’autre à sa femme. On ignore qu’une carte postale est autre chose qu’une photo. Le père a l’habitude de conserver sa correspondance dans un grand tiroir. Il y place l’enveloppe sans encore se rendre compte qu’elle contient aussi deux lettres…
…à suivre