Un malentendu dissipé (Acte 2)
« Au moment où je vous parle, sa femme et ses deux enfants ont été renvoyés en brousse dans la misère. Il paraît que ce Monsieur s’est fait déjà membre, du moins adepte, de tous les mouvements politiques et religieux, du mouvement chrétien au communisme, etc. etc. »
« Monsieur le Curé, répond Zoao, je suis plus que confondu. Je me demande si vous parlez de moi ou s’agit-il d’un autre Zoao. Monsieur le Curé, me reconnaissez-vous ? »
« C’est bien de toi, Zoao, qu’il s’agit ; d’ailleurs tes noms sont Nsikwayendako Zuludiabwa. Pas vrai ? »
« C’est bien ça, répond Zoao. Et vous affirmez, mon Père, que moi j’ai abandonné ma femme ! Qui vous l’a dit ? »
« Mais on en parle partout. Ta femme est déjà au village. Tu as même envoyé une photo de ta femme blanche. »
« Monsieur le Curé, je n’ai jamais pensé à abandonner ma femme. Je suis au courant de faux bruits ; c’est ainsi que pour les rassurer, je viens d’envoyer deux lettres, l’une à mon père l’autre à ma femme. Mes condisciples ont aussi pensé à ma femme et lui ont envoyé une carte postale signée par tous les amis et amies. Cependant j’ai beaucoup d’appréhension à propos de cette carte : confondue sans doute avec une photo, elle risque de causer plus de mal que de bien. Mais les deux lettres sont là. »
…à suivre