Une jolie carte postale (Acte 9)

Publié le par Pascal

          Les parents de Zoao ont gardé le silence pendant longtemps et ont tout entendu. Les plaintes de leur belle-fille a produit un grand choc en eux. Debout, le regard tourné vers les enfants les plus âgés et les pointant du doigt, le père de Zoao gronde :

          « Vous êtes indignes. Comment des hommes adultes comme vous, peuvent-ils tenir des propos méchants envers une belle-sœur ? Vous n’avez même pas pitié de vos neveux qui pleurent. Assez ! »

          « Calme-toi, dit-il ensuite à sa belle-fille. A travers cette palabre, j’ai pu me faire une idée de ton amour envers Zoao, mon fils. Non, il ne faut pas prêter l’oreille à ces élucubrations fantaisistes. Zoao ne t’abandonnera pas comme ça. Avant votre mariage, il a demandé mon consentement. Pourquoi ne ferait-il pas de même pour le divorce ? Attendons. Je lui ai écrit d’ailleurs à ce sujet. J’espère recevoir de ses nouvelles d’ici peu. »

          L’incident semble clos, du moins pour l’instant. Entre-temps la lettre de Zoao arrive à la poste locale. Beaucoup d’habitants du quartier des parents de Zoao connaissent la manie du facteur. Un jour il demande à sa femme :

          « Ma chérie, comment allons-nous nourrir nos douze gosses, avec ce maigre salaire que je gagne ! »

          « Tu es idiot, lui répond sa femme. Il n’y a que nous qui souffrons, d’ailleurs beaucoup de maris qui étaient dans des situations plus lamentables que nous, vivent aujourd’hui comme des princes. Ne dit-on pas : Qui ne risque rien n’a rien ? Mon cher, nécessité fait loi. Si nous restons passifs, nous finirons par mourir. Tout le monde se laisse corrompre. Et toi qu’attends-tu ? Dans tous les métiers, il est possible de se faire corrompre : les sentinelles, les balayeurs des rues, les nettoyeurs des édifices…, se font tous corrompre, et toi ? »

 

 

 

 

…à suivre

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Publié dans Carte Postale

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