Une jolie carte postale (Acte 3)
« Je dois faire quelque chose pour mes enfants et cela à n’importe quel prix », se dit-il enfin.
« Laisse-moi voir la fameuse photo », demande sa voisine de l’auditoire, après y avoir jeté un regard indiscret. Zoao est très gêné : il la cache. Sa voisine insiste. Zoao cède finalement.
« Ce sont ma femme et mes enfants, le dernier vient de naitre. Comme tu le constates, chère amie, j’ai de sérieux problèmes. Je vais essayer tous les moyens pour que ma famille me rejoigne le plus tôt possible. »
« Oh ! Quelle belle petite famille, s’exclame la voisine. Il parait que les négresses sont jolies et fines ! »
« Dans toutes les races du monde, dit Zoao, on trouve des personnes belles comme on en trouve des laides. »
La photo circule dans l’auditoire. « Oh ! Quelle est belle ! Quelle est belle ! » disent tous ses copains de cours. Le moral de Zoao remonte un peu. Et il décide de répondre à la lettre de sa femme.
« Ma chérie de tous les temps…,
Oui je sais que c’est ma faute. Je ne t’ai plus écrit depuis bien longtemps. Quelle femme pardonnerait à son mari une telle négligence ? L’amour se cultive et s’entretient comme une plante.
Mais ce que je ne te pardonnerai pas si vite c’est ta crédulité, ton manque de foi et de confiance en moi. Les quelques moments de silence ont suffi pour te faire croire que je t’ai abandonnée et puis encore que j’ai épousé une femme d’ici. Je trouve cette attitude inquiétante. On connaît des femmes et même des hommes qui, manquant de courage, d’espérance et de persévérance, se remarient ou s’abandonnent à des habitudes malhonnêtes pour avoir appris la disparition ou la défaillance d’un conjoint.
On nous a raconté ici l’histoire authentique d’une femme qui allait attendre à la gare tous les samedis jusqu’à sa mort, son mari porté disparu lors d’une bataille, pendant la dernière guerre mondiale. Qu’en penses-tu ?
…à suivre