Une jolie carte postale (Acte 2)

Publié le par Pascal

          Zoao, pense à tes beaux enfants. C’est ton sang. C’est pénible de les voir se promener nus dans la rue ; on n’arrive pas à se l’expliquer quand on sait que leur papa est en Europe. D’autres pères de famille qui s’y trouvent, bien que divorcés, envoient régulièrement des cadeaux à leurs enfants et même à leurs anciennes épouses. Certains demandent à leurs enfants de le rejoindre avec le projet de les placer dans des internats.

          Si toi, tu t’es séparé de moi, j’ai le droit de te considérer toujours comme mon mari. Même quand tu reviendras, je ne m’empêcherai pas du tout de venir te voir chez toi. Je t’envoie en annexe ma récente photo avec mes enfants… »

          Zoao est très bouleversé par les nouvelles de sa femme.

         « Comment peut-on imaginer que j’abandonne ma femme ? se demande-t-il péniblement. Oui, il faut l’avouer, c’est ma faute ; je n’écris ni à mes parents, ni à ma chérie. Ce silence ne peut être interprété que de cette façon. Je dois faire quelque chose. Mais quoi ? Moi-même je n’ai pas de bourse… »

          Il contemple la photo. Ses regards sont fixés sur sa femme. Très ému il la baise comme si elle était présente. Puis il regarde ses enfants, il s’aperçoit que l’ainé a le ventre bombé, les pieds nus, gonflés. Le dernier très chétif, parait comme un petit singe. Zoao est en extase pendant environ cinq minutes. Puis, il émet un profond soupir : « C’est vrai, mes enfants sont mal nourris, l’ainé parait souffrir déjà de rachitisme. »

          Des larmes lui coulent des yeux.

 

 

 


…à suivre

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Publié dans Carte Postale

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