Les nuits d’Europe (suite et fin)

Publié le par Pascal

          Par souci de ne pas rater le voyage et de n’être plus humiliés, les Noirs préfèrent veiller, mais malheureusement pour eux, ils finissent par s’endormir tous d’un profond sommeil.

          Cette fois, c’est Mboloko qui est le premier à se réveiller.

          « Mes frères, mes frères, il fait jour, nous allons certainement rater le voyage et nous faire gronder comme des petits enfants. »

          Tout le monde saute du lit. On regarde les montres, toutes marquent trois heures. « Ne nous occupons plus des montres. Rappelons-nous le jour où nous y sommes fiés. » Du haut de l’étage, les pas crépitent. Cette-fois ci ce sont eux qui réveillent la concierge. Ils frappent très fort  à la porte ; le petit Zoao se permet de donner deux coups de pied contre la porte.

          Prise de peur, la concierge saute du lit, court à la porte en oubliant de prendre avec elle son peignoir.

          « Madame, veuillez vite nous ouvrir la grille de sortie, nous sommes sur le point de rater notre train.. »

          Irritée, le souffle coupé, elle n’arrive plus à s’exprimer. Elle les invite à regarder la grande pendule de la tour d’une église située non loin de là.

          Il est trois heures et quart…

          « Oui, mais madame, il fait jour depuis quelques instants, vous le voyez vous-même, non ? »

          « J’en ai marre de ces nègres, s’écrie-t-elle. Allez au lit, vite au lit. Vous n’êtes pas là quand on a besoin de vous. Vous vous réveillez quand tout le monde dort. Il n’est pas encore l’heur, nom d’une pipe ! Allez au lit, partez, s’il vous plaît ! »

 

 

 


…Fin

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Publié dans Carte Postale

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