Les nuits dEurope (Acte 4)
Zoao, plus jeune et plus nerveux, répond que c’est très surprenant.
« Qu’est-ce qui vous surprend ? » demande l’intendant.
« Pour vous, le nègre est par nature très paresseux. L’histoire vous l’apprend. Que dire de ces boys et ouvriers qui travaillent comme des ânes pour les colonialistes ? »
Ramazani raisonne Zoao :
« Nous sommes étrangers ; un proverbe de chez nous dit : Un chien, dans un village qui ne lui appartient pas, rabat sa queue ! »
Arrivés auprès du doyen de la faculté, les Noirs s’expliquent :
« Ce n’est pas pour dormir que nous sommes venus ici mais bien pour apprendre. Nous savons qu’il nous faut une période d’adaptation surtout quand la nature comme celle de votre pays est très capricieuse. Nous vous demandons de nous aider à nous y adapter. »
L’intendant demande à la concierge de passer chaque matin vers six heures devant la porte de chaque Noir avec une sonnette. Ainsi, la pauvre concierge passe dans le couloir avec une sonnette comme le fait un sacristain lors du déplacement des saintes hosties.
Le jour le plus long de l’année, on vient annoncer à nos nègres qu’ils sont invités à prendre part à une grande excursion. Les participants sont priés d’être prêts à six heures à la gare. Contrairement à l’hiver, en été, le soleil se lève très tôt et se couche tard. Ce jour-là il fait jour trois heures plus tôt. Il arrive assez souvent que la veille d’un voyage on soit anxieux.
…à suivre