Les nuits dEurope (Acte 2)
On attend longtemps. Les Noirs dorment toujours. Le petit déjeuner se termine à huit heures ; tout le monde se rend au travail et les cours commencent. L’absence des taches noires dans les auditoires est vite remarquée.
A huit heures trente, Zoao se rend aux toilettes, il n’a plus sommeil après le soulagement, il constate néanmoins que la nuit est longue. Il jette un coup d’œil à sa montre : huit heures quarante-cinq minutes. « Pas possible, ma montre avance ». il va voir les autres compatriotes. Tshiamalenga et les autres ont la même impression. Ils comparent les quatre montres qui marquent toutes la même heure.
« Ca peut se comprendre » dit Ramazani, qui lui, vient de l’Est de leur pays où la différence d’heure avec l’Ouest est d’une heure. « Probablement, il y a une grande différence d’heures entre l’Europe et l’Afrique. Dromons, tant mieux ».
Tout le monde se remet au lit. Apres quelques minutes d’insomnie, voilà soudain nos nègres profondément endormis comme des marmottes. L’heure est déjà passée, les servantes s’inquiètent, elles s’énervent car leur tâche se trouve ainsi retardée.
Entre temps, les autorités académiques téléphonent à la Pension pour savoir ce que sont devenus les nègres. L’économe est saisi du problème. Il ordonne à une servante d’aller les chercher dans leurs chambres. Seraient-ils enlevés par des ravisseurs pour se venger contre les sévices que subissent les Blancs dans l’ancienne colonie ? Ne seraient-ils pas asphyxiés par le gaz ? C’est à la porte de Zoao qu’on frappe en premier lieu :
« Monsieur… Monsieur, êtes-vous malade ? »
…à suivre