Chemin Interdit (Acte 4)
Diouf était mécanicien dans un des grands ports de la République Sahélienne, le long de la côte de l’océan Atlantique. Il était spécialiste de la maintenance des grues. Depuis qu’il avait été promu chef service, son unique fonction revenait à superviser le travail des contremaîtres.
Ce jour-là, l’une des grues tomba en panne. Le grutier n’arrivait pas à débloquer le mécanisme de cette énorme machine qui maintient des dizaines de tonnes de marchandises suspendues au-dessus du quai.
Diouf monta dans la cabine du grutier et réussit à débloquer le mécanisme. Il demanda au grutier d’attendre ses ordres avant de lâcher sa charge. Mais avant que Diouf ne lui ait donné un quelconque ordre, le grutier fit une fausse manœuvre. On aurait cru assister à un véritable crime. Lâché, le lourd chargement de la grue s’effondra sur Diouf !
Le signal d’alarme résonna dans tout le port provoquant un désarroi général. On fit vite venir des élévateurs. Hélas ! Sous cet énorme poids, Diouf avait disparu, complètement écrasé. Seule une vaste mare de sang signalait la mort atroce et inattendue de ce chef de service tant estimé de ses subalternes.
Ce fut une consternation générale dans tout le quartier. Le deuil fut émouvant, tout l’attirail et toutes les cérémonies d’enterrement n’avaient été d’usage que pour la forme : le corps de Diouf broyé pouvait bien se loger tout entier dans un sac en plastique de pas plus de cinq kilos.
…à suivre