Chemin Interdit (Acte 6)
Ainsi, pendant que des populations entières crèvent de soif et de faim sous un soleil accablant, les nantis ne mangent que des aliments importés, ne boivent que du champagne et ne roulent que dans les voitures les plus luxueuses.
Sans mari, sans travail, sans soutien, Penah la veuve doit subvenir à ses besoins personnels et à ceux de ses enfants. Mais que faire alors qu’elle avait juré de ne jamais se remarier ?
Cependant, il est vrai que depuis la création, l’être humain ne prend jamais ses engagements au sérieux. Et, souvent d’ailleurs, la femme est comparée à la lune, cet astre instable dont il faut sans cesse se méfier. Et, l’homme lui-même n’est pourtant pas un saint ; il est un être sadique et sans pudeur. Tels ces amis de feu Diouf qui, venant présenter leurs condoléances à la veuve, lui faisaient aussi des avances. Voici les propos équivoques que tenait l’un d’entre eux, s’adressant à la veuve :
« Diouf était un grand ami à moi ; donc Diouf c’est aussi moi, je ne t’abandonnerai jamais. Je prendrai en charge tous les enfants ».
Avant même l’avènement du moment prévu selon la coutume pour le retrait du deuil, Penah était pratiquement forcée de reprendre le petit commerce de beignets qu’elle exerçait du vivant même de son mari.
L’absence du mari se faisait sentir de plus en plus cruellement. Il suffisait que le dernier enfant encore assez petit demande : »Où est papa ? », pour que tous à la maison se mettent à pleurer.
…à suivre