Eyeli Malamu

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  • : Eyeli Malamu [Bienvenu]!!! Je souhaite dans ce blog rendre honneur à un grand écrivain congolais pour qui j'éprouve beaucoup d'admiration depuis mon plus jeune âge: Mr Zamenga B. Chaque semaine ou chaque jour sera publié un extrait de ses romans.
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Bienvenu-Bienvenido-Bienvenuto-Welcome-Marhaban bikum

Mr Zamenga Batukezanga (20 février 1933 - 2 juin 2000) a été une source d'inspiration pour de nombreux congolais à travers le monde. Dans ses différentes œuvres, il nous fait découvrir sa vision du monde, celle de son monde.

J’ai choisi de vous faire découvrir, dans un premier temps, son œuvre « Carte postale ». Un extrait sera régulièrement publié, vous laissant découvrir peu à peu la culture africaine et bantoue à travers sa vaste littérature.

«Le véritable amour, lui, n’a pas de nationalité, ni de race, ni de religion, mais il choisit un être avec lequel il a des affinités, quel qu’il soit. » Z.B.

Cliquez ici pour plus d'informations sur Zamenga B.

 source : Les éditions MEDIASPAUL



A lire, à voir, à découvrir,...



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Jeudi 5 avril 4 05 /04 /Avr 01:12

          « Connaissez-vous cette valise ? »

        « Oui, Monsieur le Commissaire, c’est à moi. Elle n’est plus utilisable, je l’ai jetée. »

         « Bien ! C’est vous qui avez tué les deux enfants et enfermé leurs cadavres dans cette valise ? »

          « Quoi ! Tuer des enfants ? De qui ? »

        « Monsieur, ne vous énervez pas, dit le Commissaire. Avouez votre forfait. Nous ne nous préoccupons pas d’abord de savoir qui appartenaient ces deux enfants. Nous voulons savoir qui les a tués. »

          Le Commissaire lui montre les deux crânes et lui dit : « Voilà votre crime ».

       « Etes-vous toujours cannibales chez vous ? » poursuit le Commissaire.

         « Manger du singe devient du cannibalisme ? Répond Zoao. C’est quand même drôle ça ! Non ? »

    « Ah bon ! Les hommes deviennent des singes maintenant ? » Interroge le Commissaire.

         « Mais ce ne sont pas des crânes d’êtres humains, ce sont des singes que j’ai ramenés de chez moi et que j’ai mangés avec mes compatriotes ! »

      Le malentendu dissipé, le dossier est relégué au service des affaires classées.

 

 

 


Fin.

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Mercredi 4 avril 3 04 /04 /Avr 01:09

          Zoao et sa femme, après le cafouillage de la manifestation de la veille, remettent l’ordre dans leur appartement. Que d’ordures à jeter. La valise qu’on a amenée du pays n’est plus utilisable, il faudra s’en débarrasser. On y enferme tous les détritus y compris les crânes et les os des deux singes qu’on a mangés. Zoao va la déposer au-dessus de la poubelle. Pour lui, c’est la fin des festivités. Le marchand de loques, perché sur sa charrette tirée par un vigoureux cheval, s’avance vers la valise non sans hésitation. A prendre ou à laisser ? il l’ouvre pour regarder s’il n’y a pas de cadavre à l’intérieur. Il s’écrie de toutes ses forces et se fait même entendre dans tout le quartier :

          « Encore des cadavres dans une valise ! Deux crânes ainsi que des ossements de deux enfants probablement tués il y a quelques temps. »

          Le marchand court vers le commissariat de police le plus proche. Le quartier est indigné. Une foule considérable entoure la fameuse valise.

          La brigade spéciale des recherches se met aussitôt au travail. On arrête les personnes adultes du bâtiment à quatre étages. Chacun est soumis à un interrogatoire très serré. Zoao entre à son tour au bureau du Commissaire de police.

 

 

 

 


...à suivre

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Mardi 3 avril 2 03 /04 /Avr 01:05

          Zoao revient de Kinshasa où il a séjourné quelques jours pour des vacances.

          Il ramène avec lui des males de produits alimentaires locaux (chikwangues, nsafu, maboke,…). Il invite ses compatriotes à venir chez lui pour partager les délicieux mets.

          Zoao initie tout le monde à la célèbre nouvelle danse « soucous » qui, selon ses commentaires, fait danser les vieillards et les dignitaires de pays. Les nègres dansent toute la nuit. Les voisins blancs qui n’aiment pas le bruit se liguent pour porter plainte, heureusement contre inconnu.

         L’Europe semble connaître à l’époque que nous décrivons l’apogée de sa déshumanisation. Le culte du progrès et de la technique la pousse vers un matérialisme très accentué, et les gens deviennent tellement égoïstes qu’un nouveau-né est considéré par certains comme un être de trop. Par conséquent, l’utilisation des contraceptifs et l’avortement sont légalisés. Et des filles-mères et même des épouses n’hésitent pas à tuer leurs enfants…

          C’est ainsi que des marchands de loques découvrent parfois de petits cadavres dans les poubelles. C’est affreux, vraiment affreux, à tel point que les marchands de loques n’osent plus prendre les valises abandonnées sur les trottoirs.

 

 

 

 

 


…à suivre

 

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Lundi 2 avril 1 02 /04 /Avr 18:55
Je vous ai annoncé la semaine dernière que nos aventures de « Carte Postale » prenaient fin.

Cette semaine vous seront publiés les derniers extraits de ce roman.



Chemin Interdit de Zamenga B., aux éditons MEDIASPAUL, est le titre du roman d'où nous tirerons les extraits de nos prochaines aventures.


Résumé :

Parents irresponsables, gens avides de pouvoir, d?argent et de plaisirs, voilà le portrait qu?offrent les dignitaires de la République Sahélienne. De ce fait, à la majorité de la population représentée ici par les jeunes, est interdit le chemin de la vie décente, du bonheur. Pourtant, rien ne semble arrêter l?aspiration des jeunes du mouvement interdit à plus d?équité. Face au dénuement total auquel ils sont soumis, ils décident de se frayer un chemin, le leur. Mais, la portée de leur action, ils ne la mesurent pas assez. Réalisent-ils seulement que délibérément, ils embrassent, empruntent une voie interdite ?
Dans sa fougue, que peut espérer récolter cette jeunesse se lançant ainsi corps et âme dans une impasse, un chemin sans issue ?



Par Pascal - Publié dans : zamenga
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Samedi 31 mars 6 31 /03 /Mars 19:12

La pierre qui saigne

Auteur : Zamenga BATUKEZANGA

Édition : Médiaspaul

La pierre qui saigne symbolise la plaie béante que nous appelons aujourd'hui la crise mondiale qui dure et qui durera probablement fort longtemps. Bien que les douleurs de cette crise se fassent de plus en plus sentir, il nous est encore difficile d'en discerner la nature et les causes. Serait-elle due aux insuffisances technologiques? Et pourtant l'humanité n'a atteint le plus haut degré de technicité que la période dans laquelle nous vivons. Curieusement nous semblons être moins heureux que les générations de nos grands-parents et nos parents. Notre période aura le déshonneur de battre le record des catastrophes dites naturelles.

Par Pascal - Publié dans : zamenga
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Mercredi 28 mars 3 28 /03 /Mars 23:55

Bonjour à tod@s

 

Plusieurs extraits de l’œuvre de Zamenga « Carte postale » vous ont été mis à disposition durant plus de trois mois. La semaine prochaine sera publié un dernier extrait de cette œuvre.
Selon l’autorisation obtenue des éditions MEDIASPAUL Kinshasa, aucune publication complète de l’œuvre de Zamenga ne peut être faite. Dans le respect de cet accord, je ne puis me permettre de publier l’œuvre dans son intégralité.
Le titre de l’œuvre de Zamenga dont les extraits seront publiés prochainement vous sera communiqué en début de semaine prochaine.
Je vous laisse lire et relire ce qui a déjà été publié.
À la semaine prochaine pour de nouvelles aventures avec ZAMENGA BATUKEZANGA.

 

Pascal

Par Pascal - Publié dans : zamenga
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Lundi 26 mars 1 26 /03 /Mars 01:22

          « Oui, c’est choquant pour nous. Toutefois, nous devons faire la part des choses. Je ne préconise pas que nous autres africains, fassions comme les Blancs ; cependant s’il s’agit d’un certain degré de courage pour maîtriser des moments de dures épreuves, alors ma femme, nous avons beaucoup à apprendre des Blancs dans ce domaine. Je crains toutefois que l’attitude des Blancs à l’égard de leurs morts soit une conséquence de leur déshumanisation. Ce serait alors regrettable pour eux. Je disais que nous avons beaucoup à apprendre des Blancs dans le domaine de la maîtrise de nos sentiments. L’Africain est trop sentimental ; à cela s’ajoutent nos coutumes. Cependant après tout, la mort est un évènement fatal pour chacun. On a beau verser des larmes, se rouler par terre, se raser la tête, garder le deuil pendant des mois voire des années, ce n’est pas ça qui fera ressusciter un mort. Reconnaître l’issue fatale, garder son sang froid, penser à l’avenir de ceux qui sont encore vivants, voilà l’idéal. »

          Zoao demande à sa femme d’acheter une perruque pour couvrir sa tête rasée.

 

 


Fin

 

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Vendredi 23 mars 5 23 /03 /Mars 21:17

          On prend le repas comme d’habitude. Pour aller au cimetière, tout le monde parait plus propre que jamais. Apres l’enterrement, les parents reçoivent tous ceux qui ont pris part aux funérailles. Chacun va dire quelques mots d’encouragement.

          La femme de Zoao ramasse les photos, les habits et les autres objets appartenant au mort afin que sa mère ne les remarque pas et ne se souvienne pas de son fils.

          La photo du défunt est exposée. Tout le monde la regarde. La femme de Zoao n’en revient pas. « Chez nous, se dit-elle, on enterre le mort avec ses effets afin de ne plus s’en servir et de ne plus réveiller des souvenirs pénibles. » Puis s’adressant à son mari :

          « Zoao, les Blancs sont arrivés à un niveau semblable à celui des sauvages de nos savanes au point de ne plus pleurer leurs morts ! C’est grave ; c’est si grave que j’éprouve maintenant le dégoût de vivre ici… »

 

 


…à suivre

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Mardi 20 mars 2 20 /03 /Mars 20:55

          Un soir, les routes sont glissantes à cause du verglas. Un neveu du protecteur de la famille de Zoao, rentrant en voiture chez lui, trouve la mort dans un accident de circulation. Les Zoao sont informés de la nouvelle le lendemain matin. La femme de Zoao s’imagine qu’en Europe on pleure les morts comme en Afrique. Arrivée près de la dépouille mortelle, elle se met à pleurer en criant et en se jetant par terre, buste nu. Tous les blancs la regardent, stupéfaits, et certains la prennent pour une folle. Elle défait ses cheveux, se rase la tête, embrasse le cadavre. Quelques Blanches sont alors choquées. On prie la négresse de partir.

           Elle en est surprise : « Pourquoi dois-je partir ? Laisser-moi pleurer.»

          Un colon, comprenant bien les coutumes africaines, vient l’informer que les Blancs ne pleurent pas leurs morts ainsi. Il lui demande au contraire de bien s’habiller et de garder une attitude calme, digne. Elle rentre chez elle, et en parle à Zoao resté à la maison pour garder les enfants :

          « Mon mari, j’ai assisté  à quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. On m’a empêché de pleurer le mort. On m’a demandé de m’habiller comme en période de fête. On m’a dit qu’ici on ne pleure pas les morts comme chez nous. Voyons un peu ! »

          Effectivement, tout le monde est silencieux. Quelques femmes et de hommes sensibles versent des larmes qu’ils essuient d’ailleurs aussitôt. Ce qui parait encore plus étrange aux yeux de Zoao, c’est que, les parents, principalement la mère de la victime, bavardent, de temps en temps comme les autres.

 

 

 

 

 


…à suivre

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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Lundi 19 mars 1 19 /03 /Mars 00:28

              Les Zoao s’intègrent de plus en plus dans la famille de leurs protecteurs.

          Un jour autour d’une table, le protecteur regarde fixement Zoao, et n’arrive pas à exprimer ce qu’il a dans la tête. Il h »site puis soudain, il lui demande :

          « Quand tu me regardes ou quand tu m’entends parler, me vois-tu ou m’entends-tu comme un Blanc ou comment ? »

          « Et vous, comment me voyez-vous ? » répond Zoao.

          « En tout cas, je te le dis sincèrement, au début, je te voyais toujours comme un Noir. Mais depuis que nous nous comprenons, dans mon esprit, je ne te vois plus comme un Noir. Je te considère comme mon enfant. Certes, entre hommes qui se comprennent et qui s’aiment , la peau, la nationalité, la religion, les conceptions politiques et philosophiques cessent de s’ériger comme un obstacle insurmontable. »

 

 

 

 

…à suivre

Par Pascal - Publié dans : Carte Postale
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